Histoire de ferdjioua ou fedj-mzala

Publié le par hassan hamma

 

L'histoire de Fedjm'zala


La Commune mixte de Fedjm'zala a été créée par arrêté gouvernemental du 1er décembre 1880.
Elle tire son nom du col (Fedj) qui, a centre de la commune, fait communiquer les vallées de l’Oued Bousselah et de l’Oued Malah : la légende veut qu’autrefois une tribu berbère, les M’zala ou M’zara, aujourd’hui disparus, se soit installés à l’emplacement de ce col et lui ait laissé son nom.
En raison de la fertilité de son sol, en raison également de sa situation géographique sur la grande voie naturelle qui de tous temps a réuni Constantine à Alger par Sétif, le territoire de Fedjm'zala a été occupé et mis en valeur par tous les peuples envahisseurs.
La colonisation romaine a dû y être remarquable : les ruines grandioses de Djemila (Cuiculum), celles des thermes de « Rocher rouge » (Beni Guecha), les vestiges innombrables des fermes disséminées dans tous les douars, sont les preuves certaines de l’activité romaine dans la région.
L’invasion arabe a laissé peu de traces matérielles, mais en neuf siècles elle a musulmanisé presque toute la population berbère qui perdit ses mœurs, ses coutumes et même son langage, pour adopter ceux du peuple conquérant.
Sous la domination turque, le territoire fut divisé en cinq grandes tribus :
Bousselah, Ouled Kebbab, Zouagha, Beni-merouane, et Ferdjioua ; chacune d’elle était placée sous le commandement d’un caïd ; Toutes reconnaissaient l’autorité du Bey de Constantine à qui elles fournissaient des cavaliers.
L’une d’elles, les Ouled Kebbab était chargée de faire rentrer les impôts des tribus insoumises, et avait également la surveillance des prairies du Bey.
La région était à cette époque recouverte de forêts : les essences devaient être très belles car la vallée de Ferdjioua fournissait au Dey d’Alger les bois nécessaires à la mâture de ses vaisseaux.
Au moment de la conquête, des contingents importants de cavaliers et de soldats furent levés dans les tribus pour prêter leur aide à Ahmed Bey de Constantine : ils participèrent à la défense de cette ville lors du siège de 1836-1837.
Après la prise de Constantine, les cavaliers de Ferdjioua et de Bousselah furent chargés de s’opposer au passage des colonnes françaises :
l’une d’elles, partie de Constantine en décembre 1838, était parvenue péniblement jusqu’à Djemila.
Les 600 soldats qui la composaient furent cernés ; ils construisirent à l’aide des vieilles pierres romaines un fortin dans lequel ils résistèrent plusieurs jours. Ils furent sauvés par le caïd Bouakkaz, de Ferdjioua, grand seigneur de la région, qui les ramena sains et saufs à Constantine.
L’organisation du territoire qui suivit la conquête fit de la région de Fedjm'zala un cercle militaire important : il regroupait les cinq grandes tribus qui dépendaient du Commandement de Mila.
Les populations indigènes se soumirent assez rapidement.
En 1871, seuls les berbères de Zouagha se révoltèrent : c’étaient eux également qui, au début de la période turque avaient conservé ce au cours de la conquête, ils avaient participé à toutes les insurrections.
En 1871, après avoir été châtiés, ils eurent à payer 700.000 francs de contribution de guerre et leurs biens furent séquestrés.
En 1880, au moment de la création de la Commune Mixte de Fedj m'zala, les grandes tribus furent fractionnées en 15 douars:
Bousselah donna Saraf et Bousselah.
Ouled-Kebbab : Chomériane et Ouled Kebbab .
Zouagha : Arrès, Beinem et Tassala .
Ferdjioua : Djemila, Zarza, Ras Ferdjioua, Mouslia, Menar, Roussia et Tassadane .
Beni-Merouane changea de nom et devint le douar de Tachouda.
le territoire de la Commune Mixte est administré par un Administrateur secondé par deux Administrateurs-Adjoints.

II- Situation géographique


La Commune Mixte de Fedjm'zala est située dans l’arrondissement de Constantine.
Le village de Fedjm'zala qui se trouve à peu près au centre de la Commune est à vol d’oiseau, à 60 kilomètres à l’ouest de Constantine, à 50 kilomètres au sud de Djidjelli et à 60 kilomètres à l’est de Sétif.
Située à la limite des Hauts-Plateaux, la Commune est bordée au nord par le djebel Sidi Bouazze (1528 m) et par la chaîne du Boughagha (1337 m) au pied de laquelle coule l’oued Endjas (ou Oued-el-Kebir) ; au sud par le vaste plateau St-Arnaud - Chateaudun-du-Rhumel dont l’altitude moyenne dépasse 600 mètres ; à l’est par les communes vallonnées de Mila et Zéraïa ; à l’ouest, par les contreforts du Babor et du Tababort. La Commune Mixte, qui a une superficie de 137.600 hectares, est très accidentée ; les chaînes montagneuses, qui appartiennent à l’Atlas tellien, sont coupées de vallées profondes où coulent des Oueds qui ne tarissent pas en été : Oued Bousselah, Oued Yalah.
Les points culminants sont le Djebel Boughagha (1400 mètres) dans le douar Arrès ; le kef Korieh (1367 mètres) au sud de Djemila ; le Djebel Boucherf (1150 mètres) dont la chaîne domine au nord le village de FedjM’Zala ; le Djebel Halfa (1150 mètres) vers Chevreul.
Les altitudes des différents centres sont : Fedjm'zala, 580 mètres Lucet, 530 mètres - Tiberguent, 430 mètres - Rouached, 530 mètres.
Les forets qui couvraient autrefois le pays tout entier ne subsistent plus que dans les parties élevées des douars Arrès, Beinem, Tassala, Zarza et Menar.
Elles sont presque exclusivement composées de chênes et de chênes-liège.

Le climat


Le climat est très variable sur le territoire de la Commune-Mixte de Fedjm'zala qui, très vaste, s’étend sur des régions à altitudes très différentes.
D’une façon générale, l’hiver est rude sur les parties élevées ; par contre, en été le séjour y est fort agréable, notamment vers les massifs boisés du nord.
Au col de Fédoulès, à l’orée d’une forêt de chênes zéens de toute beauté.
Là à 950 mètres d’altitude, une eau douce, glacée, ferrugineuse par endroits, coule dans des « séguias » ou canaux qui pourraient permettre la création de jardins superbes autour des villas ou maisons de campagne à édifier.Dans les plaines, la température est plus douce en hiver mais aussi plus pénible en été ; les parties basses et plates sont encore malsaines, surtout aux endroits où l’écoulement des eaux s’effectue difficilement.
La plaine du Ferdjioua qui, sur 10 kilomètres de long et 5 de large, est au printemps la parure de la Commune, voit chaque année en été l’éclosion de fièvres malignes ; l’anophèle, plaie de nos campagnes algériennes, y pullule, malgré la propagande faite auprès des indigènes pour les amener à prendre les mesures d’hygiène élémentaires.
A Fedjm'zala, les températures extrêmes dans les maisons sont de -8° en hiver et 33° en été.
Au col de Fédoulès il est rare d’enregistrer 28° dans les journées les plus chaudes de l’année ; la moyenne est de 20° en période estivale et les nuits y sont très fraîches. Les périodes de sirocco mises à part, on peut dire que le climat de Fedjm'zala est très supportable pour des algériens. Les nuits, par l’abaissement de température qu’elles provoquent, reposent des journées trop chaudes.Certains étés y peuvent être supportés sans la moindre fatigue.

La pluvoimetrie


La neige tombe tous les ans dans la Commune en quantités variables, suivant les altitudes.Les régions basses (400 à 550 mètres) ne voient la neige que tous les 3 ou 4 ans.
Les régions plus élevées sont à peu près tous les hivers couvertes de neige et peuvent conserver leur manteau blanc jusqu’à un mois et plus. C’est cependant assez rare.La commune n’est pas, d’une façon générale, incommodée par les brouillards, qui se produisent pourtant quelquefois, à des époques où ils ne nuisent pas aux cultures.Les gelées se manifestent parfois, dans les parties hautes formant des couloirs pour le déplacement de l’air.Elles sont loin d’atteindre la fréquence et la gravité de celles qui sont constatées sur les plateaux élevés au sud du territoire algérien, dans les régions de Sétif ou de Batna. Elles portent cependant, en certaines années, atteinte à la végétation.La grêle est un fléau qui sévit sur beaucoup de régions algériennes.La Commune Mixte de Fedjm'zala n’échappe pas aux catastrophes qu’elle provoque.L’orage formidable du 7 juin 1895 a laissé dans le souvenir des vieux habitants du pays une vision d’horreur qui est rappelée très souvent. Les grêlons, atteignant 350 grammes, ont ravagé le territoire de colonisation depuis le fond de la plaine du Ferdjioua jusqu’à Constantine, assommant les troupeaux dans les champs, tuant des personnes, européens et indigènes, écrasant les toitures, arrachant l’écorce des arbres, transformant en une boue jaunâtre des récoltes magnifiques, sur plus de 250 kilomètres carré, dans la Commune Mixte de Fedjm'zala seule. De nombreuses sources existent sur tout le territoire de la commune.

Les sources minerales


Des sources minérales, chaudes ou froides, jaillissent sur plusieurs points de la Commune ; les plus importantes sont :
Hamam des Beni-Guécha : température 36° - débit actuel à la source principale : 69 litres à la minute - eau chlorosulfatée calcique et sodique, fortement minéralisée et hyper thermale.
D’importants vestiges de thermes romains attestent l’ancienneté de cette source.
Hamam Bou Akkar : température 39° 7 - débit 50 litres à la minute - eau faiblement chlorurée sodique
Ces deux sources sont très fréquentées par les indigènes de la Commune et par quelques européens qui viennent y soigner leurs douleurs rhumatismales et leurs maladies de peau.
Source de la Mechta Repilla - près de Lucet - eau sulfureuse froide qui n’a pas encore été analysée. On trouve également des vestiges de thermes romains près de cette source.
Source de Ka-el-Kef (route de Djidjelli) - eau sulfureuse froide.
La source n’a pas encore été aménagée.
Source ferrugineuse du Col de Fédoulès qui paraît intéressante et mériterait d’être aménagée.

Le sous sol


Les massifs montagneux qui forment l’orographie de la Commune Mixte sont très minéralisés.
Plusieurs sites miniers sont ou ont été exploités :
mines de zinc et de plomb du Bou-Cherf ; mines de zinc et de plomb du Ferdjioua ; mines de zinc de plomb et de mercure de Benete-Otaman ; sel gemme des Ouled-Kebbab ; et surtout la mine de mercure de Coudiat Satah, qui n’est encore qu’en permis de recherches, mais qui laisse espérer des résultats remarquables.
On trouve également du zinc et du plomb à : Ain-Touia, Djebel-si-Khalfa, Chabet-el-Araf, Oued Mirah, Mechta Garsas, Djebel-Djemia-Debbah, Coudiat-el-Guettera, Chabet Mania, Djebel Amara, Djebel Sidi Marouf, Touacheur, Kef Lakhal, Oued-el-Adana, Chabet Rissa, Coudiat Malilef, Djebel Tayachet, Dra-el-Ayah, Machta El-Kella, Koudiat Badjah, Bou Touil, Tsaraoula, Aïn Defla, Chabet el Arab, Amzel, Fezlia, Djebel El-Emmana etc…
du cuivre à : Chabet el Araf, Mechta Beni Khettab, Bou Redjouane ;
du mercure à : Ferdjioua, Kef Lakhal, Coudiat Stah ;
du fer à : Settara
de la matière plastique à Bousselah (gisements du Djebel Touacheur et Ras-el-Djebel) ; du marbre, du gypse et de l’albâtre dans les douars Arrès et Tassala ; des bitumes à Aïn Bou Ziad L’avenir paraît réserver à la région d’autres promesses au point de vue minier.
Avant la guerre, des sondages importants, ayant atteint en de nombreux endroits la profondeur de 107 mètres, permettent d’affirmer que les territoires de colonisation de Rouached et de Tiberguent possèdent dans leur sous-sol un bassin houiller à faible profondeur .
En surface on trouve des lignites au dessous le charbon de terre s’est affirmé et il serait désirable que les recherches fussent continuées.
Des spécialistes affirment que le gisement de charbon intéresse toute la région partant de Djemila et aboutissant à Condé-Spendou et Constantine, soit 100 kilomètres de longueur.
Des analyses de terrains établissent la similitude des calcaires coquilliers du Bassin de Djemila avec les calcaires du Bassin des Bouches-du-Rhône nettement carbonifères.
Il serait désirable que des sondages exécutés avec des appareils puissants viennent compléter ces données.
Il en résulterait très probablement une affirmation de nature à transformer du tout au tout les conditions économiques de la région et à provoquer la mise en œuvre d’une richesse considérable pour le département.
Citons également, pour mémoire, une récente découverte de bancs d’argile amestique pouvant sans doute rivaliser avec les produits identiques trouvés à Biskra, à Maillot, et employés en Alsace pour la clarification des boues pétrolifères.

III- Milieu Social

 


 

La Commune Mixte de Fedjm'zala compte en 1941 environs 66.879 habitants : 378 européens et 66.501 indigènes.
Les 378 européens (369 français et 9 étrangers) sont groupés dans 5 centres : Fedjm'zala, où se trouvent les différents services administratifs ;Administrateur, Juge de Paix, Médecin de Colonisation, Receveur des contributions diverses etc….
Lucet le centre le plus important de la Commune, au point de vue agricole et aussi Tiberguent , Rouached et Richelieu.
Près de 10.000 hectares ont été mis, lors de la création des centres, à la disposition de colons presque tous immigrants.Le Hameau de Fedjm'zala devint, en 1880, le siège de la Commune Mixte.
Le village à cet epoque ne compte que deux familles de cultivateurs.
La population comprend 85 français, presque tous fonctionnaires ou agents communaux et 313 indigènes (commerçants, ouvriers spécialisés, journaliers).
Tiberguent, à 14 kilomètres de Fedjm'zala, fut créé le 5 février 1881.
plus de 50 familles de colons furent installées sur un territoire d’une superficie de 5.566 Ha 45 ; chaque concession comprenait environ 35 Ha.
Rouached, à 20 kilomètres de Fedjm'zala, créé le 14 mars 1881, comprenait 60 familles pour un territoire de 3.442 Ha .
Les concessions avaient une superficie moyenne de 60 Ha.
Lucet, à 6 kilomètres du siège de la Commune, fut créé le 8 novembre 1887.
58 familles s’installèrent sur les 3.004 Ha 18 du centre ; la superficie moyenne des concessions était de 50 Ha.
C’est le seul village de la Commune Mixte où l’élément français soit supérieur en nombre à l’élément indigène.
A Richelieu, créé le 21 juillet 1892, s’installèrent 50 familles de colons sur un territoire de 5.505 Ha 56.40 ; les concessions avaient une superficie moyenne de 35 Ha.
Le centre, pas très prospère .
A part les cinq centres de colonisation, il existe dans les douars quelques fermes ou groupes de fermes dont la situation est florissante :
on peut citer en particulier le domaine d’Ennoura, Merdj-el-Kebir, Bou-Laïane.
Une remarque s’impose lorsqu’on examine la situation des centres de la Commune Mixte :
la population française a diminué, depuis la création de ces centres, dans des proportions vraiment inquiétantes.
Les chiffres du recensement quinquennal sont significatifs à cet égard.
On peut dire que la population française des villages s’est peu à peu réduit au 1/5 de son effectif primitif.
A quoi tient cette situation ? A plusieurs causes. La première se trouve dans l’exiguïté des concessions primitives : 35 à 50 hectares.
L’ancienne formule de colonisation ne tenait pas compte, en effet, de l’avenir des centres créés.
On donnait de préférence, et avec raison, des terres aux familles nombreuses.
Cinq à six ans après son installation, la famille, agrandie par le mariages, réclamait des terres et des foyers nouveaux.
En présence des impossibilités locales, l’essaimage se produisait, les vieux, à leur tour, disparaissaient.
C’était le partage et la maison vide… Une autre raison de diminution du nombre des colons s’est rencontré dans le déchet fatal que laisse après lui le peuplement purement métropolitain.
Rouached, Lucet, Tiberguent, ont été fondés sur le principe de la concession gratuite.
Excellent en soi, comme stimulant énergique, ce principe a provoqué l’arrivée sur un point désigné de 50 à 60 familles de français ignorant tout de l’Algérie et d’une façon générale peu fortunées.
Ces familles n’étaient pas éduquées pour la vie algérienne.
Leur contact avec les indigènes fut hésitant ; l’esprit de décision, la connaissance du milieu leur manquaient.
La prudence, le manque de ressources, l’ignorance des choses algériennes, les incitèrent à louer leurs terres au lieu de les mettre directement en valeur.
Les prix de location étaient plus que modestes : pour la construction des maisons, il fallut emprunter.
Beaucoup ne surent pas doubler le cap des difficultés. Ils durent renouveler les échéances, puis liquider à vil prix, avant qu’il leur fut permis de comprendre la valeur du fonds qui leur avait été confié.
Il y eut aussi la question sanitaire. L’acclimatement nécessaire causa des crises et des vides sérieux dans le peuplement primitif.
L’histoire du centre de Lucet est un exemple poignant des surprises réservées aux installations des villages de colonisation.
Lucet, appelé au début « Beni Guecha », est situé sur un plateau riant et accueillant au visiteur, très sain et largement balayé par les vents qui passent sur une plaine fertile, au pied des contreforts montagneux du Djebel Sekhouna.
Les familles installées sur ce plateau en 1887 venaient du midi de la France.
Elles arrivèrent en été et furent mises en possession, dès leur arrivée, des lots qui leur étaient destinés.
Le village, tracé simplement par les caniveaux délimitant les rues, fut, en deux mois, couvert de tranchées représentant les fondations des maisons en construction.
Des tentes abritaient les nouveaux colons et leurs enfants, installations sommaires sous un soleil parfois brûlant créant des évaporations nocives dans le sol remué, et auquel les nouveaux arrivés n’étaient pas habitués.
La fièvre fit des ravages inattendus et profonds dans la population.
Le petit cimetière voisin recevait presque chaque jour des tombes nouvelles.
L’Administration fit son devoir. Elle intervint en créant une cantine pour la distribution de portions gratuites et en dotant le village d’un poste d’infirmière, mise à la disposition des colons qui se hâtaient de s’installer entre des murs non crépis et fraîchement construits couverts d’une toiture à claire-voie.
Un jour, un mot du garde-champêtre de Beni-Guecha informait l’Administrateur de Fedjm'zala qu’il ne se trouvait pas un homme valide au village pour porter un enfant au cimetière : Vingt personnes étaient mortes en un mois sur le plateau meurtrier : certaines familles avaient perdu jusqu’à trois enfants en quelques semaines ; Et quels enfants : Des jeunes gens et des jeunes filles de 14 à 18 ans.
Ceux qui vécurent ce drame atroce en ont gardé un souvenir ineffaçable. Malgré ces revers, Lucet est resté le village le plus prospère de la région. Ravagé comme les autres centres par la grêle de 1895, il s’est relevé de ses ruines et les colons qui restent les enfants de la vague humaine sacrifiée instruits au contact de l’expérience acquise, sont devenus des agriculteurs actifs, intelligents, travailleurs et avisés.
Peuplement indigène
La population indigène de la Commune Mixte compte 66.501 indigènes répartis dans les centres et dans 15 douars-communes : Arrès , Beînen , Bouselah , chomériane ,Djemila , Menar , Mazlia , Ouled Kebbab ,Fedrdjioua ,Ras Ferdjioua , Saraf ,Tassala , Roussia ,Tassadane , Zaraza ,Tchouda ,Tassala, Zarza .
L’origine berbère de la population de certains douars montagneux :Tassala,Zaraza,Menar,Tassadane,Arrès,et Beînen n’est pas douteuse.
Les autres douars sont arabisés ; à peine retrouve-t-on dans leur langage quelques mots à consonance berbère qui trahissent leur origine.
Tous suivent la religion musulmane et ses rites et sont affiliés aux confréries religieuses des Rahamania, des Mansalia et des Ammaria.
La population indigène de la Commune Mixte de Fedjm'zala est composée surtout d’agriculteurs et d’éleveurs.
Les superficies emblavées en 1928-1929 dans les douars atteignent le chiffre de 42.759 hectares ; le cheptel, pour la même année agricole, se chiffre par 35.411 ovins et 14.309 bovins.
Le régime des terres est fixé par le Sénatus-Consulte du 22 avril 1863, les lois du 26 juillet 1873, du 28 avril 1887 et du 16 février 1897.
Le Sénatus-Consulte avait attribué aux tribus, après leur délimitation, les terres qu’elles occupaient ; les lois de 1873 et 1887 permirent à un certain nombre d’indigènes d’obtenir les titres de propriété des terres qu’ils détenaient ; la loi de 1897 permit la constitution de la propriété individuelle par voie d’enquête partielle.
Au moment de la création de la Commune Mixte, les terrains répartis entre les indigènes comprenaient 63.663 Ha 56.20 de terres « arch » ou terres collectives de culture et 9.840 Ha 04.50 de terres « melk » (objet d’un droit de propriété analogue à notre droit de propriété actuel).
Depuis, les opérations d’enquêtes partielles ont permis de donner des titres à 35.660 hectares.
La propriété étant très morcelée dans la région, ce chiffre représente un nombre fort important de parcelles.
Pendant longtemps les indigènes n’ont demandé des enquêtes partielles que lorsqu’ils se trouvaient menacés dans la jouissance des terres ou en discussion avec des voisins.
Au cours des dernières années, et surtout depuis la guerre qui avait raréfié puis suspendu les procédures, on constate des demandes de plus en plus nombreuses. Pour l’année 1928, le nombre d’enquêtes ouvertes dans la Commune Mixte est de 40.
Créer de la propriété privée avec titres devient un besoin, en raison de l’accroissement de la valeur des terres.
Et il faut reconnaître également que la sécurité que donne le titre français est un facteur de plus value très appréciable : il est permis alors au propriétaire de songer à l’établissement de fermes importantes.
Là où la propriété est affirmée ou établie, le gourbi couvert de chaume ou de disa fait place aux constructions couvertes de tuiles. Les conditions de la vie s’améliorent ; le progrès s’affirme, les terres sont soignées plus rationnellement et le rendement cultural s’en ressent. La prospérité fait place à la misère. De telles constatations amènent à cette conclusion : il est désirable que la constitution de la propriété soit accélérée dans la région au moyen non seulement des enquêtes partielles, mais encore des enquêtes d’ensemble prévues par la loi du 4 août 1926.
La consolidation du sol entre les mains des occupants constitue l’un des plus grands services que la France ait rendu aux populations algériennes.
C’est là un travail considérable qu’il est utile de mener à bonne fin aussi rapidement que possible.
Un sondage effectué en 1913 dans la Commune Mixte a établi que 20% à peine des terrains « arch » étaient restés à cette époque entre les mains des premiers occupants. 80% avaient été acquis par des tiers indigènes, soit directement, soit par voie de rahnia ou réméré.
Cette dernière opération, très répandue autrefois dans le pays, était une forme de prêt usuraire qui atteignait son but tout en tournant les lois islamiques interdisant le prêt à intérêt fixe. Ici comme ailleurs, la loi économique qui veut que la terre reste à celui qui est à même de la faire fructifier a joué largement.
On a craint un moment que la délivrance de titres de propriété permette aux propriétaire de céder trop facilement leurs droits et d’entrer dans la masse des prolétaires qui constituent une charge pour la société.
La démonstration a été faite à Fedj-m'zala que le maintien du régime « arch » a abouti à la dépossession, en fait, des usufruitiers primitifs. Cette démonstration se complète par la constatation que l’indigène qui a son titre en mains ne vend sa terre que très difficilement.
Et ce fait s’explique par la facilité de crédit que donne la possession d’un titre incommutable et la possibilité pour l’agriculteur de jeter un pont sur les périodes difficiles qui peuvent se présenter dans l’exploitation de son fonds.
Les cultures indigènes, dans le pays, s’effectuent sous la forme du « khamessat ».
L’ouvrier agricole permanent est un associé qui touche le cinquième brut de la récolte, sur l’aire à battre, déduction faite des avances qu’il a reçues au cours de l’année.

Recherche efectué par Mokrani Mohammed Saddek

Source rapport de l'administrateur de la commune mixte de Fedjmzala

 

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annalina 05/12/2014

merci pour cette page d'histoire j'ai trouvé des choses très intéressante que je connaisses pas sur mon village natale